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Sham Noor Padawan

Nombre de messages: 64 Age: 21 Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Quartiers des logements Mer 15 Juil 2009 - 12:57 | |
| Sham n’eut aucun mal à trouver les logements destinés à la majorité des habitants non-riches de cette planète. La misère omniprésente ne surprenait pas la jeune padawan mais l’étouffait au plus haut point. Evidemment, elle ne pouvait rien à tout ça. Jouer les anges bienfaiteurs ne faisait pas parti de ses aptitudes. Et c’était déjà assez dur de se sauvegarder soi-même. Elle fila sans ralentir, sans s’attarder sur les pauvres ères qui croisaient son chemin. Elle faillit se heurter à un promeneur un brin éméché qui titubait avec difficulté, avant d’atteindre le quartier des résidences plus que modestes.
La demoiselle observa le bâtiment en soupirant. Bien sûr, il y avait plusieurs étages… En espérant que quelqu’un pourrait la renseigner, elle passa le sas d’entrée. Le rez-de-chaussée, et sans doute les autres étages, se présentait comme un long et large couloir circulaire aux murs ternes sur lesquels se succédaient des portes identiques à intervalle régulier. Sham projeta sa conscience aux alentours, après tout son maître lui avait dit de prendre garde à ce qui l’entourait. Avec l’aide la Force, elle parvint à dénombrer les êtres vivants occupant les lieux, du rez-de-chaussée au premier étage. Son exploration mentale fut alors interrompue brutalement.- Non mais vous pouvez pas regarder où vous mettez les pieds vous là ! Sham se retourna en haussant un sourcil. Un homme d’un certain âge, tenant un balai dans une main, la regardait de ses petits yeux agressifs. En lui faisant face, elle vit qu’il devait bien faire une tête de moins qu’elle. Petit, hargneux, avec un balai… Pas de doute : elle venait de tomber sur le concierge. Voyant qu’il avait toute l’attention de son interlocutrice, celui-ci reprit de plus belle :- Vous croyez que c’est facile peut-être ? De passer comme ça tout le temps au même endroit pour nettoyer encore et encore ! Hein ? Hein ? Non, non ! C’est le boulot de Jax, alors Jax le fait. Mais est-ce que Jax doit se plaindre ? Surtout pas ! Il fait son boulot et puis… - Je suis désolée M.Jax d’avoir sali votre parquet, l’interrompit Sham. Je ne savais pas…- Et vous êtes qui d’abord ? - Je suis marchand, improvisa-t-elle rapidement. Je cherche un Jawa avec qui mon assistant a négocié ce matin.- Un jawa ? Ouais y a bien des jawas. Z’avez un nom pour lui ? - Malheureusement, mon assistant est une vraie passoire niveau mémoire. Et étourdi comme il est, il n’a pas pris note du nom de notre intermédiaire. Pas simple de trouver du bon personnel de nos jours. Nous savons juste qu’il loge ici.- Vous m’paraissez un peu jeune pour diriger votre propre commerce, dit alors Jax en la scrutant des pieds à la tête.- Merci. On s’entretient comme on peut, lança-t-elle avec un large sourire sur les lèvres. Pouvez-vous me donner les adresses des jawas d’ici ?Le concierge semblait plus détendu après la boutade de Sham.- Il y en a bien au 2 ème, chambre 136. Ils sont un peu bizarres ceux là. Une drôle de marchandise. Et aussi d’autres au 5 ème, chambre… euh… 305. Vous avez de la chance, ils peuvent être vachement nombreux à d’autres périodes. - Profitons de cette chance alors ! Je vous remercie, M.Jax.- C’est ça, c’est ça… dit-il en s’éloignant doucement. Et faîtes attention au sol ! Sham le regarda encore un instant. Hargneux, certes, mais ce n’était pas un mauvais bougre. Il n’avait pas tenté une seule fois de lui soutirer le moindre argent. Dans un lieu pareil, elle ne pensait pas ça possible. Enfin, la Force n’était pas inutile non plus.
L’apprentie atteignit le 2ème étage. Elle longea le couloir désert et silencieux à la recherche de la porte 136. Ses sens repérèrent les jawas, elle se laissa guider et se retrouva bientôt face à la-dite porte. Dès qu’elle eut frappé, un petit être encapuchonné vint lui ouvrir. A peine le battant avait-il coulissé qu’une forte odeur de fumée et d’épices assaillit les narines de Sham. Dans sa langue rapide, le jawa lui demanda ce qu’elle voulait. Après un bref coup d’œil à l’intérieur de l’appartement, elle sut qu’il ne s’agissait pas du bon individu. Elle salua poliment le jawa qui venait de lui ouvrir, toussant en inhalant de la fumée.
Une voix vint de l’intérieur de l’appartement. Le jawa à la porte lança un truc du genre « c’est une femelle ! ». Les pensées de Sham vagabondèrent sur l’image de son tonfa s’écrasant sur son crâne riquiqui… Il y eut de vifs échanges et le jawa finit par l’attirer à l’intérieur. Elle se confondit en excuses, ne voulant pas les déranger plus longtemps et espérant intérieurement échapper aux volutes suffocants. Elle se retrouva finalement dans la chambre. Ils devaient bien être sept jawas à travailler sur l’inventaire de leur marchandise, des caisses d’où s’échappait une « cacophonie » de parfum.
Sham fut invitée à prendre place. La fumée provenant d’un encensoir lui piquait les yeux mais elle se força à se concentrer sur ce qui se passait. Peut-être pourrait-elle profiter de sa présence parmi eux pour se renseigner sur les jawas du 5ème étage. Se présentant comme elle l’avait fait avec Jax, elle en toucha un mot au type qui lui avait ouvert.- Pff ! Vous commercez avec cette crapule de Dizzit Shmet ? Vous allez vous faire arnaquer, pour sûr ! Il indiqua les caisses derrière lui. Mat Chec fait meilleur commerce. Vous serez peut-être intéressée… - Je ne doute pas un instant de la qualité de vos… produits. Mais je dois absolument régler cette affaire avec Shmet afin, justement, de ne pas y perdre au change.- Vous choisissez. En passant, ne vous faîtes pas escroquer par son vieux. Il triche au jeu ! Dizzit Shmet était donc en contact avec son père. Il se pouvait fort que ce soit là son homme. Elle remercia le jawa de ces précisions et s’apprêtait à quitter la pièce. Mat la retint un instant, lui faisant signe que quelques crédits ne seraient pas de trop. Mat Chec fait meilleur commerce… Si cette face noire avait pu afficher un sourire, Sham l’aurait bien vu à ce moment-même.
Quand elle parvint enfin à s’extirper de l’appartement, la padawan secoua vivement sa bure afin d’en chasser les odeurs d’épices qui s’y étaient collées. Le parfum diffus n’était pas désagréable mais pas besoin d’un fin limier pour la suivre à la trace ainsi. Elle soupira et reprit son investigation, se dirigeant vers le prochain ascenseur. Elle atteignit la chambre 305 mais cette fois il n’y eut pas âme qui vive pour lui ouvrir. L’appartement de Dizzit était vide. La padawan sonda encore une fois le bâtiment, et finit par repérer celui qu’elle cherchait quatre étages plus bas. Elle se frappa le front. Bon sang ! Ils avaient dû se croiser quand elle discutait chez Mat Chec.
Dizzit comptait-il sortir ? Il ne serait pas des plus aisés à retrouver dans la foule. Sham accéléra le pas pour retourner au rez-de-chaussée. Avec un peu de chance, elle tomberait sur lui à l’entrée. En fait, la chance voulut que Dizzit soit ralenti dans son avancée. L’apprentie put enfin le voir en chair et en os alors que celui-ci était pris à parti par une bande de loubards de tous bords. Si elle lui venait en aide, il se montrerait sans doute plus coopératif. Ce serait toujours mieux que de tenter de lui faire du gringue, comme l’avait gentiment proposé le nautolan à la cantina. Elle s’approcha donc du groupe, sans se montrer belliqueuse.- Eh les mecs ! C’est pas la minette dont nous a parlé le vieux ? lança l’un des gars.
Tiens ? Jax le concierge aurait-il vendu la mèche ? Pas si clair que ça le bonhomme. A la remarque de leur comparse, les compères se retournèrent pour voir ce qui leur arrivait dessus. Il y eut des ricanements gras. Quant au jawa, il était fermement tenu par deux types à l’air patibulaire. Un zabrak s’avança à la rencontre de Sham.- Y paraît que t’es une fausse jeune. - Et il est fort probable que tu sois un vrai Brainwashed, répondit-elle sur un ton mielleux.- Espèce de sal… Il leva sa matraque électrique. Malheureusement pour lui, il ne faisait pas face à une fillette sans défense. Alors que son bras s’abattait pour toucher sa proie, celle-ci l’avait déjà esquivé pour se retrouver sur sa gauche. Il sentit une brusque douleur dans les cottes qui lui coupa le souffle et le força à se plier en deux. Sham ne rata pas l’occasion et lui asséna aussitôt un second coup de tonfa à l’arrière du crâne. Son agresseur s’étala, assommé. Elle continua d’avancer vers les bourrins mal embouchés, son arme dissimulée sous sa bure.- Soit vous lâchez le jawa maintenant. Soit je vous jure qu’il en aura pour tout le monde.Évidemment ça ne pouvait être si simple. Trois gus lui foncèrent dessus, laissant au dernier le soin de se charger de Dizzit.- Tu aurais mieux fait de t’occuper de ce qui te regarde, gamine ! - Je sais c’est un gros défaut. Mais qu’y puis-je ? dit-elle avec légèreté en haussant les épaules.
L’apprentie était sans aucun doute bien plus rodée au combat qu’aux arts de l’esprits. Aussi combattre des petites frappes issues d’un gang quelconque ressemblait fort à une ballade de santé. Surtout qu’ils n’utilisaient pas de blasters, ce qui lui évitait se révéler en tant que Jedi. Elle pouvait aisément passer pour une mercenaire au style acrobatique bien travaillé. Ses assaillants furent mis à terre avec un ou deux os cassés, son tonfa faisant merveille. Si elle voulait passer inaperçue, c’était plutôt loupé. Elle regarda le dernier gars encore debout.- Vas donc te payer un verre à ma santé, mon vieux. Files !Il ne se le fit pas dire deux fois et lâcha Dizzit pour déserter les lieux à toutes jambes. Le jawa observa le couloir autour de lui, avec ce qui semblait être de l’hébétude. Sham le rejoignit et dit d’un ton qui se voulait amical :- Nous avons quelques trucs à nous dire, Dizzit.Ils retournèrent à la chambre 305 où ils purent s’entretenir sans être dérangés. Le jawa était encore nerveux après ce qui avait « faillit subir » au rez-de-chaussée, néanmoins Sham put profiter de son statut momentané de « sauveuse » pour lui poser quelques questions. Elle se renseigna d’abord sur les types rencontrés en bas, sur Dizzit puis en vint progressivement à parler de son père. Elle raconta cette fois qu’elle cherchait un joueur qui aimait prendre des risques en pariant, c’est donc ainsi qu’elle avait entendu parler de son paternel et que de fil en aiguille elle était remontée jusqu’à lui. Dizzit lui conseilla de s’y prendre avec prudence et lui donna l’adresse d’une salle de jeu faisant aussi office de bar où son père, Dak Shmet, se rendait régulièrement. De son côté, Sham lui recommanda de faire le mort le temps que l’histoire avec les loubard se tasse. Il acquiesça vivement, la remerciant d’être intervenu, même si c’était de façon intéressée.
Cela faisait bien une heure qu’elle avait quitté les logements, qu’elle zigzaguait dans les ruelles quand elle sentit la conscience de maître Dorva effleurer la sienne. Elle fit en sorte qu’il puisse la localiser sans mal, précisant qu’elle savait où trouver le tueur qui était aussi un joueur invétéré. Elle attendait la suite des instructions. Pour l’heure, Sham avait l’intention de surveiller le-dit bar._________________ Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. Gandhi < Gros ralentissement pour cause de boulot > |
|  | | S. Dorva Maître Jedi

Nombre de messages: 8910 Age: 20 Localisation: Paris Date d'inscription: 21/04/2005
 | Sujet: Re: Quartiers des logements Sam 18 Juil 2009 - 17:40 | |
| C'est ainsi sans mal qu'il la rejoignit. La soirée s'avançait, poussant le Maître à resserrer autour de sa taille la tunique. L'air froid, vivifiait ses poumons, qui se gonflaient plus lentement et intensément que d'ordinaire. Il écouta attentivement les informations récoltées par son apprentie, et la félicita sincèrement.
" Tu fais preuve d'intelligence, et sais déjà discipliner ton esprit, chose que d'autres, même Maître, sont assez peu capable. Notre jawa est en effet un joueur régulier, cependant, mes sources m'ont renseignés sur son habitat, et il semble qu'actuellement, il y soit, peut-être organise-t-il une partie privée, quoi qu'il en soit, allons-y, et reste sur tes gardes, nous approchons désormais du véritable danger de la mission ".
Ce quelques derniers mots pouvaient paraître faussement exagérés, mais le Maître les avait prononcé avec une certaine légèreté, qui paradoxalement les rendait plus vrai. Ensemble ils se dirigèrent donc vers un logement non loin, un immeuble d'une centaine d'étages, chacun aux formes triangulaires et désaxés les uns par rapport aux autres, le bâtiment s'élançait avec la violence d'une immense perforeuse inversée. Gris. Le ciel s'étant drapé de sombre pour cacher honteusement sa pauvreté. Quelques étoiles, mais voilées, de grossiers boutons sur une peau grasse et mal entretenu. Ils montèrent au quatre-vingt neuvième étage, pas d'écriteau " Dak Shmet ", mais d'innombrables portes, grises de béton et champignons, marines d'humidité et cafards. Une rapide analyse indiqua que sur tous ses appartements, un seul était occupé, un seul être à l'intérieur. A l'évidence, la crise du logement n'affectait pas la planète. Ils s'approchèrent tous les deux de l'unique porte habitée, le Maître frappa, sans qu'aucune réponse vînt retentir à leurs oreilles. Il caressa la poignée, un bruit métallique, la porte s'ouvrit. Son bâton vînt saccader son entrée. Il n'y avait qu'une pièce, aucune fenêtre, seul le couloir maigrement éclairé apporté une source lumineuse peu réconfortante. Il sentit sa padawan entrer à son tour. Le sol grouillait. Son bâton se leva de quelques centimètres et frappa le sol. Le cristal logé en sa hauteur laissa couler sur les murs et le sol une douce lueur suffisante pour l'observation. Le sol grouillait. Des insectes, cafards, partout. Les jawas n'étaient pas ce qu'on pouvait appeler des êtres mignons. Leurs corps étaient en effet recouvert d'insectes, ce pourquoi il portait une capuche, ne voulant pas causer du tord à leur naturel commerçant.
Le Jedi leva un pas, comme alertés par une aura, le tapis répugnants mouva et laissa la place nécessaire pour que ses bottes avancent sans la moindre encombre. Autour d'eux, une table, un petit lit, une chaise, rien d'autre, aucun meuble ou placard. Seuls ces trois éléments, les insectes, eux deux, et au centre de la pièce, Dak Shmet, qui ouvrait deux petits yeux jaunes. Si ceux de son fils avaient pu se rapporter à ceux d'un être faible, avare mais avenant, ceux de Dak Shmet étaient froids et calculateurs, d'un être vivant pour la mort, les yeux d'un Sith, bien que ce dernier ne maîtrisait pars la Force, et n'avait aucune affinité avec ce clan.
Un nouveau coup de bâton au sol. La porte grinça, se referma en claquant.
Un nouveau coup. La Force tourna son regard sur ces êtres, qui entrèrent l'espace d'un instant dans un réseau sensorielle intense. Ainsi, Sham Noor comprit l'intérêt de leur visite. Elle était face à un meurtrier, mais surtout, celui qui avait tué ses deux parents, et blessé lourdement son frère.
" Il va bien " ajouta S. Dorva aux pensées de sa padawan. " Comme tu l'a compris, c'est de ton père, et de ta mère dont il est l'objet désormais. Tu as eu la preuve de ces actes. Cependant, il a déjà était condamné, et relâché, ayant des amis influant dans le système juridique de Coruscant. Nous, Jedi, ne pouvons officiellement que nous contenter de l'arrêter. "
Dak Shmet regardait, comprenant rapidement. Sa capuche était retombée. Son visage n'était pas distinguable dans la sombre atmosphère, mais l'on pouvait sentir cette odeur putride, percevoir ces faibles mouvements sur son crâne noir, véritable nid d'insectes.
" Quoi que tu fasses ce soir, tu devras toute ta vie vivre avec. Laisser l'homme qui a tué tes parents vivre, sachant que sa mort ne te les ramènera pas, ou rendre justice toi-même, considérant que c'est de ton devoir d'enfant, de citoyen, ou de Jedi, sachant qu'un tel acte peut t'ouvrir des voies dangereuses, ou en refermer d'autres ". _________________ "Ich sage euch : man muss noch Chaos in sich haben, um einen tanzenden Stern gebären zu können." Nietzsche " Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage. " Sacha Guitry |
|  | | Sham Noor Padawan

Nombre de messages: 64 Age: 21 Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: Quartiers des logements Lun 3 Aoû 2009 - 16:21 | |
| Ce n’était guère désagréable de recevoir des flatteries. Avec humour, Sham songea qu’elle s’y ferait très bien. Mais chaque compliment, comme chaque remontrance, avait d’autres implications qu’un simple « bravo » ou « lamentable ». La jeune fille s’améliorait, certes, encore fallait-il qu’elle continue à suivre cette bonne pente. Personne n’était à l’abri des erreurs. Elle, encore moins. Elle gratifia son maître d’un sourire enjoué pour le remercier de ses louanges, et revint immédiatement sur leur mission. Il restait à espérer que Dizzit n’ait pas prévenu son père de leur arrivée et que ce-dernier se montrerait coopératif. Tout en suivant S.Dorva, Sham fit le point sur les diverses ressources dont pouvait bénéficier un tueur jawa. Vu sa petite taille, il frappait sans doute de manière sournoise, de loin ou dans le dos. Il était fort probable qu’il use de poison ou de gaz toxique afin de se conférer un certain avantage sur un adversaire plus épais que lui. De plus il disposait sans doute de nombreux contacts, les jawas étant connus pour leur sens des affaires. Malgré tout, l’apprentie trouvait bien étrange qu’un être tel que lui se lance dans l’assassinat. Ce qui l’inquiétait finalement était la façon dont son maître parlait de Shmet. Fallait-il qu’il soit donc si dangereux ? Elle n’avait aucun a priori sur les races parcourrant la galaxie mais tout même… Il s’agissait d’un jawa, bien armé peut-être, mais d’un jawa.Le temps changea quelque peu, ajoutant à l’ambiance pathétique du lieu ce qu’il fallait de sinistre. Sham ne sentait pas à l’aise. A vrai dire, elle ne l’était pas depuis qu’ils avaient posé le pied sur Nar Shaada. Et ça ne s’arrangeait pas. Elle jeta un œil critique à l’immeuble torturé devant eux. Ils avaient un goût des plus exquis sur cette planète… L’intérieur n’était guère plus amical. Gris, délavé, terne… Et plus mort que dans un cimetière avec ça ! La miss aurait sans doute eu quelques mots à dire là-dessus mais ses lèvres restèrent obstinément fermées. L’atmosphère l’empêchait de proférer le moindre trait d’humour. D’ailleurs ce mutisme la perturbait, elle qui était capable de l’ouvrir pour un oui, pour un non.Le duo atteignit l’étage et S.Dorva lui désigna une porte. Ils pénétrèrent dans un appartement des plus glauques. Glauque. C’est bien le premier mot qui apparut dans l’esprit de Sham quand elle plongea son regard dans les ténèbres de la pièce exiguë. Alors qu’elle s’apprêtait à avancer, elle sentit quelque chose passer sur sa botte. Elle retint une exclamation mais se crispa sensiblement. La pièce comportait bien plus de locataires qu’elle ne l’aurait imaginé… Pas que la demoiselle ait peur des insectes et autres bestioles rampantes mais avouons qu’il n’y avait pas de quoi se réjouir non plus. A part « ça », l’endroit était plutôt vide. Sham s’était attendue à voir l’ennemi leur sauter au cou ou du moins à ce qu’il réagisse à leur venue. Mais cela ne semblait pas déranger Dak Shmet outre mesure que des inconnus débarquent chez lui à l’improviste. Maître Dorva ne devait pas être étranger à cet état de chose. Il fit en sorte que la porte se referme derrière eux, jouant de son bâton comme d’une baguette magique. La Force avait bien sûr toute son utilité.Son tonfa en main, Sham se tenait prête à intervenir, au cas où. Elle n’aimait pas du tout l’air que leur adressait le jawa, pourtant il ne bougeait pas. Cependant, suite à une nouvelle intervention du Jedi, l’inattendu la frappa en plein visage. Comme si elle entrait bien malgré elle dans la tête de Shmet, l’apprentie reçut une myriade d’images, de sensations, de souvenirs dont elle émergea péniblement. Ça n’avait pris… quoi ? Trois secondes ? La pesante impression qu’une pluie de météores venait de lui tomber sur le crâne l’a coupa l’espace d’un instant du reste de la réalité. Elle pensa à ses parents, à ses frères, sa famille qu’elle avait laissé à Coruscant. Une famille qu’elle n’avait pas eu l’occasion de revoir. Une famille qui comptait pour elle, quoi qu’en diraient les maîtres de l’Académie. Et là… ?Elle se tourna vivement vers son maître. L’engouement qui planait sur son visage auparavant s’était complètement envolé. Il n’y avait plus qu’une terreur sourde mêlée à une douleur grandissante. C’était trop brutal… C’était… C’était quoi ? Qu’est-ce qu’il manigançait encore ? S’agissait-il d’un test ? Un de ces test pour voir de quel côté vous penchez, avec des sentiments artificieux et des mises en scène bidons ? Est-ce que… c’était vrai ? Elle parvint tant bien que mal à cerner les pensées de son maître. Tout ceci semblait bien réel. Il n’y avait plus que douleur et la terreur laissa place au vide. Il lui fallait combler ce vide sinon elle tomberait dedans. Sham porta son attention vers Shmet qui ne bougeait toujours pas.Elle avait toujours renié la vengeance et ne se permettait pas de décider de la vie ou de la mort de quiconque. Personne ne pouvait s’octroyer ce genre de pouvoir. Mais c’était tentant non ? Quand la haine vous prend aux tripes, il suffit d’un geste. Trop facile. Par la suite ça l’est beaucoup moins, bien sûr, mais ne sont-ce pas les sentiments sur l’instant qui comptent ? Sham serra si fort le tonfa que les jointures de sa main blanchirent. Le tueur devait être puni. A peine fut-elle à proximité du jawa que son bras s’abattit. Assez fort pour étendre au sol son ennemi. Pas suffisamment pour le tuer. Dak Shmet toussait péniblement en se tortillant par terre. L’apprentie le regarda.
Elle aurait pu le faire. Facile. Mais le souvenir de ses frères lui barra la route. Elle ne deviendrait pas l’alter ego de celui qui avait assassiné leurs parents. Elle ne serait pas à la fois juge, juré et bourreau. Elle n’était qu’une enfant qui avait encore beaucoup à apprendre… Une parcelle de soulagement était née de son geste. Petite parcelle qui remplissait à peine le vide et qui s’étiolerait doucement. Mais une parcelle à laquelle elle se raccrocha.- Dak Shmet, au nom de la République, je t’arrête pour meurtres, dit-elle d’une voix ferme et impartiale, sans se baisser avec son interlocuteur. Et si tu tentes quoique ce soit pour résister, je te jure que même les insectes qui te servent de visage seront incapables de te reconnaître après ce que je te ferai. Elle eut un léger mouvement de tête vers S.Dorva. Il est à vous, Maître.Des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues devenues pâles. Elle enfouit son visage sous sa capuche, et si les pleurs cessèrent quand ils quittèrent l’immeuble, la douleur était toujours là. Vive. Sham n’adressa pas un mot de plus à son Maître. L’estime et la confiance qu’elle lui accordait alors se retrouvaient entachées… Sans doute avait-elle besoin de temps. Quand à ses frères, maintenant orphelins, elle se voyait mal les abandonner encore une fois._________________ Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. Gandhi < Gros ralentissement pour cause de boulot > |
|  | | S. Dorva Maître Jedi

Nombre de messages: 8910 Age: 20 Localisation: Paris Date d'inscription: 21/04/2005
 | Sujet: Re: Quartiers des logements Jeu 6 Aoû 2009 - 17:18 | |
| " Comme je te l'ai dis, Sham, il n'y avait pas de bonnes ou mauvaises décisions, pas de test, il n'y avait qu'un choix à faire. Maintenant, seulement, débute ma leçon, elle est, comme tout enseignement des professeurs, à relativiser, à voir sous différents aspects, à critiquer. Tu en relèveras les fautes, et te battra contre, pour mieux la comprendre, et finalement, la pardonner, car tout choix n'est pas bon ou mauvais, il est incommensurable, mais sache que la facilité ne se conjugue guère avec le bien. Par conséquent, sois prudente, quand une solution te paraît simple, parce que tu es Jedi, et que tes principes te guident, rappelle-toi que tu réagis mécaniquement, et peut-être à tord. Être responsable n'est pas suivre une pensée qui facilite la prise de décision, c'est prendre toute en considération la situation dans laquelle l'on se trouve, la portée de ses actes ou de leur absence. "
Le Maître s'approcha de son apprentie et le revers de son doigt sécha les quelques larmes restantes. Son sabre ne bougea pas, mais son bâton émit une douce lueur, anticipant sur une concentration de Force. Le Jawa ne disait mot, mais analysait à grande vitesse, ses yeux débordaient d'une perversité enlacée par l'intelligence. S. Dorva s'approcha de lui et fit justice. Son index et majeur collés se tendirent et touchèrent le front de l'assassin dont les yeux disparurent dans l'obscurité grouillante des insectes. Les deux lueurs jaunâtres se dissipèrent. Les deux Jedi s'éloignèrent. Sans un mot, sans même un cri ou gémissement, le Jawa resta debout, un temps, puis s'écrasa très lentement, face contre sol. Plusieurs dizaines de petites créatures à nombreuses pattes quittèrent le corps par surprise, mais aussitôt revinrent, cent fois plus nombreuses, venant de tout l'immeuble, et dévorèrent le corps du Jawa. Le Maître S. Dorva guida son apprenti dans la cantina qu'ils avaient déjà fréquentée à leur arrivé, lui offrit une boisson chaude et ils quittèrent cette planète. _________________ "Ich sage euch : man muss noch Chaos in sich haben, um einen tanzenden Stern gebären zu können." Nietzsche " Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage. " Sacha Guitry |
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